Le sourire de la caissière… derrière un masque et une vitre

Le sourire de la caissière… derrière un masque et une vitre

le 24/03/2020

Au contact de ces consommateurs qui se sont parfois rués sur les rayons à l’aube de cette crise du Covid-19, le personnel de la grande distribution alimentaire reste sur le pont. Au sein de magasins réorganisés, employés et hôte (sse) s de caisse assurent leur mission, espérant que les mesures de protection soient suffisantes.

Des manches à balai fixés à la verticale devant le tapis roulant et la caisse enregistreuse, du film étirable déroulé entre ces supports improvisés, deux trous de part et d’autre pour glisser les articles puis payer : la cloison de protection est ''faite maison'' en attendant l’arrivée des plaques de plexiglas, commandées et qui ne doivent plus tarder, mais elle rassure tout de même un peu. C’est, quoi qu’il en soit, dans cet environnement inédit que travaille le personnel du Carrefour City de l’avenue du général Leclerc, quartier Blandan, alors que les clients règlent leurs emplettes ce lundi matin. 

« Depuis une semaine, nous portons un masque, et des gants que nous changeons régulièrement en journée », glisse cette employée, bien consciente de son rôle dans pareille situation de crise. « C’est particulier en effet, mais ça n’est pas très grave : tant qu’on peut parler aux gens, ça va. Et puis, souvent les clients nous remercient, beaucoup ont un petit mot gentil. »

Les masques « gros point d’interrogation »

De Leclerc à Auchan en passant par Aldi, les protections de plastique translucide, plus ou moins hautes et larges, ont donc fait leur apparition dans la plupart des moyennes et grandes surfaces de l’agglomération, comme partout en France. Elles sont évidemment là pour préserver ce personnel oscillant entre la crainte du virus, et la volonté de remplir son devoir. « Ces parois, ça rassure un peu ; et même si cela crée de la distance avec les clients, généralement ils le prennent bien », sourit Valérie, qui se partage entre le drive et la caisse de l’Intermarché de Ludres. Où le patron peste de devoir faire avec les moyens du bord. « Heureusement nous étions en rénovation et nous avons suivi les recommandations du groupe, si bien que nous avons pu acheter et installer ces plaques assez tôt, il y a 10 jours », note Gilles Floquart. « Par contre, les masques, c’est LE gros point d’interrogation. » Ce lundi matin, il n’en restait que 50 pour l’ensemble du personnel. Soit une soixantaine de salariés.

« On a des gants, et du gel, mais on aimerait aussi que certains clients respectent les mesures barrières, et les distances de sécurité indiquées au sol », reprend Valérie.

« Un maximum de précautions »

Et au rayon bio ? Le magasin L’Eau Vive, à Vandoeuvre, les caisses accueillaient là aussi les fameuses parois, ce lundi matin. Un bon complément au périmètre de sécurité monté quelques jours plus tôt devant le tapis roulant, avec deux tréteaux et du ruban adhésif. « Inquiets ? On essaye de ne pas l’être », sourit Yann, l’un des salariés, derrière son masque chirurgical. « Mais on a entendu tellement de choses sur ce virus, qu’on préfère prendre un maximum de précautions. Et ce qui serait bien aussi, c’est ne plus voir passer certains clients qui viennent pour une boîte d’œufs : il faut faire ses courses pour la semaine. »

Voilà qui est (re) dit.

Par Stéphanie CHEFFER