Bruno Le Maire s'oppose au rapprochement entre Carrefour et Couche-Tard

Bruno Le Maire s'oppose au rapprochement entre Carrefour et Couche-Tard

le 14/01/2021

Une opération de rachat de Carrefour n'aura pas le feu vert du gouvernement, selon le ministre de l'Economie qui met en avant la "souveraineté alimentaire" des Français.

C'est une décision qui pourrait bien mettre fin à cette affaire. Alors que le groupe canadien Couche-Tard a fait une offre pour racheter Carrefour, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire a affirmé mercredi n'être "pas favorable" à ce rapprochement dans la distribution alimentaire. Interrogé sur la chaîne de télévision France 5, il a qualifié Carrefour de "chaînon essentiel dans la sécurité alimentaire des Français, dans la souveraineté alimentaire". "Il y a un décret sur le contrôle sur le contrôle des investissements étrangers en France qui nous permet de donner ou non notre accord à des opérations de ce type-là", a ajouté Bruno Le Maire.

Il a rappelé que ce décret avait été complété et que son champ incluait depuis le 1er janvier 2020 la sécurité alimentaire. "Le jour où vous allez chez Carrefour, chez Auchan, et qu'il n'y plus de pâtes, plus de riz, vous faites comment ?", s'est encore exclamé le ministre de l'Economie, rappelant que Carrefour est aussi le "premier employeur privé de France". Carrefour a confirmé dans la nuit de mardi à mercredi des informations de l'agence Bloomberg sur une offre de Couche-Tard "en vue d'un rapprochement amical", avec des discussions qui en sont encore à un stade préliminaire.

Le groupe canadien, fondé en 1980 et spécialisé sur les "dépanneurs", des supérettes qui vendent aussi du carburant, a connu une très forte croissance par acquisitions externes. Couche-Tard possède un réseau de plus de 14.000 ces magasins, principalement en Amérique du Nord, mais aussi en Europe du Nord, en Amérique latine et en Asie. Carrefour, qui revendique un réseau de 12.300 supermarchés et hypermarchés dans plus d'une trentaine de pays à travers le globe et emploie plus de 320.000 personnes, a indiqué "pouvoir envisager de participer à des opérations de consolidation si les conditions de marché sont réunies".

Capital