Entreprise Carrefour, Casino: la Covid-19 a-t-elle été rentable pour la grande distribution?

Entreprise Carrefour, Casino: la Covid-19 a-t-elle été rentable pour la grande distribution?

le 04/08/2020

C'est une question qui a beaucoup agité les marchés financiers les derniers mois: in fine, la crise du coronavirus aura-t-elle été bénéfique pour la grande distribution? En pleine mutation, concurrencé de toutes parts, ce secteur s'est soudainement retrouvé dans une situation de monopole artificiel pendant le confinement. Mécaniquement, la fermeture des cafés, restaurants, cantines d'écoles et d'entreprises, et de certains marchés, a, pendant plusieurs semaines, dopé les ventes des CarrefourCasino, Auchan, Intermarché, Leclerc, Système U, Lidl et Aldi. Les chiffres trimestriels dévoilés en avril en avaient apporté la preuve concrète: croissance comparable de 4,3% en France pour Carrefour, de 5,8% pour Casino. Reste que les analystes et investisseurs, comme les dirigeants eux-mêmes, avaient prévenu: cette période avait aussi généré son lot de nombreux surcoûts logistiques, matériels, de personnel. A l'époque, toutefois, il était encore trop tôt pour les chiffrer. C'est désormais chose faite.

Surcoûts temporaires liés à la crise

En dévoilant leurs résultats semestriels respectivement les 28 et 30 juillet, Carrefour et Casino ont aussi dressé un bilan du coût de la Covid-19. Résultat? "Le virus, hormis la prime versée aux employés, a eu un impact à peu près neutre sur la marge des groupes", pointe Clément Genelot, analyste à Bryan Garnier. "Si l'on intègre cette prime, son impact est même négatif." Dit autrement, les ventes additionnelles liées à la pandémie n'ont pas été rentables. La présentation commentée par David Lubek, directeur financier du groupe Casino, détaille ainsi le calcul de façon explicite pour le périmètre France: "La crise sanitaire a généré un effet activité de + 80 millions d'euros qui a été plus que compensé par des surcoûts temporaires liés aux mesures prises en urgence pour assurer l’approvisionnement des populations dans des conditions dégradées."

Et de lister les fameux coûts: 27 millions pour la logistique, 28 millions pour les renforts de personnels, 38 millions pour protéger les collaborateurs et les clients et 37 millions pour la fameuse prime exceptionnelle aux hôtes de caisse. Bilan? Un impact négatif de 50 millions sur le résultat opérationnel courant en France, l'indicateur qui fait foi dans la grande distribution. Au total, sur le semestre, il chute de 28,7%, à 148 millions d'euros. Celui du groupe baisse de 15% à 386 millions d'euros. Mais si la Covid-19 tient une

Par Claire Bouleau